Chapitre 21 - Insuffisance respiratoire aiguë de l’adulte

27 octobre 2026

Situations de départ

  • 160 Détresse respiratoire aiguë.
  • 162 Dyspnée.

Items, hiérarchisation des connaissances

Item 359 – Détresse et insuffisance respiratoire aiguë du nourrisson, de l’enfant et de l’adulte

Rang Rubrique Intitulé Descriptif
A Définition Définition de la détresse et de l’insuffisance respiratoire aiguë Détresse = définition clinique, insuffisance = anomalies gazométriques (PaO2, PaCO2)
A Définition Critères de diagnostic, variations avec l’âge
B Éléments physiopathologiques Principes physiopathologiques de l’hypoxémie Anomalies ventilation/perfusion, effet shunt, trouble de la diffusion, diminution de la PAO2
B Éléments physiopathologiques Anomalies de la pompe ventilatoire Atteinte médullaire, nerveuse périphérique, musculaire, compliance thoracopulmonaire, TVO
B Éléments physiopathologiques Éléments physiopathologiques du SDRA et causes principales, maladie des membranes hyalines du nouveau-né Lésions de la membrane alvéolocapillaire
A Identifier une urgence Reconnaître les signes de gravité cliniques et gazométriques Reconnaître et savoir recueillir les anomalies de la FR, une désaturation, une cyanose, des signes de tirage, un balancement, des signes en faveur d’une hypercapnie (sueurs, signes cardiovasculaires, encéphalopathie), bradypnée asphyxique. Connaître les critères gazométriques de gravité
A Identifier une urgence Savoir reconnaître les signes de détresse respiratoires suite à l’inhalation d’un corps étranger chez l’enfant et chez l’adulte, ou en cas d’épiglottite de l’enfant et de l’adulte Corps étranger (syndrome de pénétration…, sémiologie selon l’âge)
A Diagnostic positif Savoir rechercher les éléments d’orientation clinique et anamnestique devant une insuffisance respiratoire aiguë chez l’adulte et l’enfant Décompensation de BPCO, OAP, EP, PNP, asthme, bronchiolites, pathologies des voies aériennes supérieures
A Examens complémentaires Connaître la stratégie d’investigations à visée étiologique pour les hypothèses fréquentes (décompensation de BPCO, OAP, EP, PNP, asthme, bronchiolites, pathologies des voies aériennes supérieures) Radiographie de thorax, bilan sanguin (dont GDS artériel), ECG, place raisonnée : biomarqueurs, échocardiographie, scanner thoracique
B Examens complémentaires Connaître l’indication des examens d’imagerie devant un corps étranger bronchique Radiographie du thorax inspi/expi en première intention, pas d’indication de scanner en première intention
A Contenu multimédia Savoir reconnaître un OAP sur une radiographie du thorax Cardiomégalie, épanchement pleural souvent bilatéral et symétrique, redistribution vasculaire vers les sommets, signes d’atteinte interstitielle (lignes de Kerley B) ou alvéolaire (opacités alvéolaires bilatérales à prédominance périhilaire)
A Contenu multimédia Savoir reconnaître une pneumonie sur une radiographie du thorax
A Étiologie Savoir reconnaître les causes les plus fréquentes chez l’adulte OAP, exacerbation de BPCO, crise d’asthme, pneumonie, embolie pulmonaire
A Identifier une urgence Connaître les premiers gestes chez l’adulte présentant une inhalation de corps étranger Décrire les mesures à mettre en œuvre en urgence : gestes (LVAS, position…) et manœuvres (Heimlich), mesures de surveillance immédiate, orientation du patient
A Prise en charge Connaître les modalités d’oxygénation initiale Savoir prescrire une oxygénothérapie et utiliser les moyens d’administration suivants : lunettes, masque simple, masque haute concentration, ballon autoremplisseur avec valve unidirectionnelle, connaître les limites de ces méthodes
B Prise en charge Connaître les différents moyens de la prise en charge d’un patient en insuffisance respiratoire aiguë Connaître les grands principes des traitements symptomatiques : oxygène à haut débit, PPC, VNI, ventilation invasive
A Identifier une urgence Savoir orienter en urgence un patient en détresse respiratoire aiguë pour un geste spécialisé Connaître les indications urgentes de laryngoscopie, bronchoscopie, trachéotomie

Item 203 – Dyspnée aiguë et chronique

Rang Rubrique Intitulé Descriptif
A Définition Définition de la dyspnée en général et plus particulièrement dyspnée inspiratoire/expiratoire
A Diagnostic positif Connaître l’examen clinique d’un patient présentant une dyspnée
A Étiologie Connaître les principales étiologies d’une dyspnée aiguë et leurs signes cliniques OAP, embolie pulmonaire, crise d’asthme, exacerbation d’une BPCO, pneumopathie, pneumothorax, SDRA, inhalation d’un corps étranger, œdème de Quincke, anémie aiguë
A Diagnostic positif Connaître les signes de gravité devant une dyspnée aiguë Et savoir grader NYHA, MRC
A Diagnostic positif Connaître les éléments d’orientation diagnostique face à une dyspnée chronique
A Étiologie Connaître les signes d’orientation étiologique
A Examens complémentaires Connaître les examens complémentaires de première intention en fonction du caractère aiguë ou chronique
A Examens complémentaires Connaître les examens complémentaires de seconde intention en fonction du caractère aiguë ou chronique
B Étiologie Connaître les étiologies plus rares d’une dyspnée aiguë Pseudo-asthme cardiaque, tamponnade, états de choc, acidose métabolique, hyperthermies, sténoses trachéales, intoxication au CO, pneumocystose
A Étiologie Connaître les principales étiologies cardiaque et pulmonaire d’une dyspnée chronique
A Suivi et/ou pronostic Identifier les signes de gravité imposant des décisions thérapeutiques immédiates
B Prise en charge Connaître les indications des examens radiologiques devant une dyspnée aiguë et chronique
A Définition Définition de la dyspnée Bien différencier la dyspnée de la détresse et l’insuffisance respiratoire
A Diagnostic positif Dyspnée aiguë : éléments d’orientation étiologiques
A Identifier une urgence Signes de gravité accompagnant la dyspnée aiguë
A Examens complémentaires Connaître la stratégie d’exploration en imagerie devant une dyspnée aiguë de l’enfant
A Examens complémentaires Connaître les signes indirects sur une radiographie d’un corps étranger bronchique
A Contenu multimédia Exemple de radiographie de face dans un contexte de corps étranger

Introduction

A La détresse respiratoire aiguë correspond à l’ensemble des signes cliniques traduisant une insuffisance respiratoire aiguë. Celle-ci correspond à l’incapacité du système respiratoire (voies aériennes, membrane alvéolocapillaire, muscles respiratoires, cage thoracique…) à assurer une hématose correcte (satisfaire les besoins en oxygène de l’organisme et éliminer le dioxyde de carbone). Elle est toujours responsable d’une hypoxémie (baisse de la PaO2).

Il s’agit d’une urgence vitale qui doit impérativement être immédiatement reconnue par le clinicien (diagnostic positif) pour déboucher sur une prise en charge diagnostique (diagnostic étiologique) et thérapeutique rapide (traitements symptomatique et étiologique). En l’absence de prise en charge immédiate, l’évolution est rapidement défavorable vers un arrêt cardiaque hypoxique (arrêt cardiaque lié à un déficit en oxygène).

Vignette clinique

Une femme de 72 ans consulte aux urgences pour une dyspnée s’aggravant depuis 48 heures. Elle a pour principaux antécédents une cardiopathie ischémique (revascularisation par deux stents sur l’artère interventriculaire antérieure il y a deux ans) et une hypertension artérielle essentielle. Ses traitements habituels sont : acide acétylsalicylique 75 mg le midi, bisoprolol 5 mg le matin, ramipril 2,5 mg le matin et atorvastatine 10 mg le midi.

L’histoire de la maladie débute par un tableau de virose (catarrhe nasal, toux sèche, fièvre) évoluant depuis une semaine. La dyspnée évolue quant à elle depuis 48 heures et s’aggrave rapidement, de façon plus marquée depuis 24 heures. Il n’y a pas d’orthopnée. Il n’y a pas d’autre symptôme associé.

À son arrivée aux urgences, son examen clinique est le suivant :

Paramètres vitaux : PAS 140 mmHg, PAD 65 mmHg, FC 125 bpm, FR 30 cycles/min (tachypnée : vidéo 21.1), SpO2 82 % en air ambiant, tirage intercostal (vidéo 21.2), balancement thoraco-abdominal (vidéo 21.3), vigilance normale (score de Glasgow à 15), température 38,3 °C.

Le diagnostic syndromique de détresse respiratoire aiguë sans retentissement hémodynamique et neurologique est donc posé.

Examen physique systématisé : pas de cornage, pas de stridor, foyer de crépitants au niveau de la base pulmonaire droite à l’auscultation pulmonaire, auscultation cardiaque sans particularité, le reste de l’examen physique est normal (en particulier : pas de turgescence jugulaire, ni de reflux hépato-jugulaire).

La prise en charge immédiate de la patiente consiste en la mise en place d’une oxygénothérapie à 15 litres/min au masque à haute concentration (la SpO2 remonte alors à une valeur de 96 %) et d’un accès veineux et d’un monitorage (scope, saturomètre et pression artérielle au manomètre automatisé).

Les examens complémentaires réalisés immédiatement sont :

Radiographie thoracique de face du patient réalisée aux examens initiaux
  • ❱ une gazométrie artérielle (masque à haute concentration avec débit d’oxygène à 15 litres/min) : pH = 7,41, PaO2 80 mmHg, PaCO2 35 mmHg, bicarbonate 22 mmol/L, lactate 1,8 mmol/L ;
  • ❱ une radiographie thoracique : opacité alvéolaire (bronchogramme aérique) systématisé au lobe moyen ;
  • ❱ un ECG (tachycardie sinusale, onde Q de V1 à V4, pas d’autre anomalie) ;
  • ❱ un bilan biologique et des prélèvements microbiologiques (NFS, plaquettes, bilan de coagulation, ionogramme sanguin, créatininémie, bilan hépatique, hémocultures, ECBC, antigénuries légionelle et pneumocoque, PCR virales multiplex sur écouvillon nasopharyngé).

Le diagnostic étiologique retenu est celui d’une pneumonie aiguë communautaire, compliquée de détresse respiratoire aiguë.

Après évaluation globale de la gravité, mise en place des manœuvres de réanimation, bilan initial et réévaluation de l’efficacité des premières mesures thérapeutiques, il convient de :

  • ❱ transférer la patiente en réanimation devant la présence de signes de gravité ;
  • ❱ administrer une antibiothérapie probabiliste (traitement étiologique) ;
  • ❱ évoquer une intubation orotrachéale (traitement symptomatique) en cas de persistance d’une détresse respiratoire malgré le traitement initial.

I. Comment faire le diagnostic d’insuffisance respiratoire aiguë ?

Tout d’abord, quelques précisions sémantiques. On distingue la détresse respiratoire aiguë, correspondant à l’ensemble des signes cliniques objectivant une atteinte aiguë de l’appareil respiratoire, et l’insuffisance respiratoire qui en est la traduction gazométrique, objectivant l’altération de l’hématose (hypoxémie, acidose respiratoire).

Le diagnostic de détresse respiratoire aiguë se fait exclusivement à l’inspection. Pas besoin de stéthoscope ni d’examen complémentaire !

La plainte initiale, c’est-à-dire le motif de consultation, est généralement une dyspnée (qui correspond à la sensation subjective de gêne respiratoire).

L’inspection, qui correspond au premier temps de l’examen clinique, permettra d’objectiver des signes de gravité respiratoires qui définissent le diagnostic de détresse respiratoire aiguë (un seul suffit pour poser le diagnostic !).

Il ne faut pas confondre la détresse respiratoire aiguë avec le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Le SDRA est une entité qui répond à une définition précise : il s’agit d’un œdème pulmonaire lésionnel (et non cardiogénique) identifié à l’imagerie, accompagné d’hypoxémie et dont les origines peuvent être multiples (par exemple, pneumonie, pancréatite…).

Une augmentation de la fréquence respiratoire (FR > 20 cycles/min) : tachypnée, mécanisme compensateur de l’augmentation de la demande en oxygène

Dans certaines situations, il peut exister une diminution de la fréquence respiratoire (bradypnée jusqu’à l’apnée). La bradypnée est alors un signe de gravité extrême qui peut traduire l’épuisement des muscles respiratoires ou une défaillance neurologique associée, annonciateur d’un arrêt respiratoire imminent.

Des signes en faveur d’une augmentation du travail respiratoire, les signes de lutte

Le tirage sus-claviculaire, sus-sternal et intercostal correspond à une activité majeure des muscles inspiratoires extradiaphragmatiques (comme les scalènes et les intercostaux externes) et au recrutement des muscles respiratoires accessoires (sternocléidomastoïdiens et intercostaux, cf. vidéo 21.2).

La contraction des muscles expiratoires, en particulier des muscles abdominaux, traduit une expiration active (alors qu’il s’agit normalement d’un phénomène passif).

À l’extrême, le balancement thoraco-abdominal avec respiration abdominale paradoxale témoigne de la faillite du diaphragme et est à ce titre un signe de gravité extrême (épuisement respiratoire).

Des signes témoins du retentissement sur l’hématose (insuffisance respiratoire aiguë)

La cyanose et la baisse de la SpO2 (< 95 %) sont les témoins de l’hypoxémie.

Les sueurs, l’astérixis (cf. vidéo 53.1 au chapitre 53) ou l’hypertension artérielle peuvent se rencontrer en cas d’hypercapnie.

La gravité s’évalue également sur les éléments hémodynamiques (signes d’insuffisance circulatoire) et neurologiques. Ainsi, les altérations du comportement (anxiété, agitation, confusion) et à l’extrême les troubles de la vigilance correspondent à des signes de gravité majeurs en cas d’hypoxémie. L’obnubilation, le ralentissement idéo-moteur, les troubles de la conscience et de la vigilance peuvent aussi traduire une hypercapnie sévère.

Diagnostic d’une détresse respiratoire aiguë :
• Dyspnée.
• Tachypnée.
• Signes de lutte : tirage, balancement thoraco-abdominal.
• Signes d’hypoxémie (cyanose, baisse de la SpO2) et/ou d’hypercapnie (sueurs, astérixis, hypertension artérielle, troubles neurologiques).

II. Quels traitements d’urgence administrer sans délai ?

A. Premier temps : éliminer une obstruction
des voies aériennes supérieures

Le diagnostic est immédiat ! Il s’agit du syndrome de pénétration, ou asphyxique, défini par une suffocation transitoire avec un malaise et une cyanose secondaire.

Les bruits évocateurs d’obstruction des voies aériennes (vidéo 21.4) sont :

  • inspiratoire, comme un stridor ou un cornage (obstacle glottique ou supraglottique) ;
  • aux deux temps respiratoires (obstacle trachéal) ;
  • expiratoire, comme un wheezing (obstacle sous-trachéal).

Ils sont très souvent associés à une bradypnée inspiratoire.

Les obstacles peuvent être de multiples origines : obstruction intrinsèque secondaire à une fausse route avec inhalation (corps étranger, aliment), une épiglottite aiguë, un cancer des voies aériennes supérieures, un œdème de Quincke…, ou bien extrinsèque par compression (par un hématome, une adénopathie, une tumeur, un abcès…).

Si l’obstacle est complet, l’asphyxie est rapide

Le patient est agité, rapidement cyanosé puis présente un arrêt cardiaque si l’obstacle n’est pas levé.

En cas d’obstruction complète dans un contexte d’inhalation de corps étranger, il faudra réaliser sans délai des manœuvres de désobstruction des voies aériennes (claque dorsale et manœuvre de Heimlich).

Si l’obstacle est incomplet, un bruit respiratoire anormal évocateur (stridor, cornage, wheezing) fait le diagnostic

B En cas d’inhalation d’un corps étranger entraînant une obstruction incomplète, les manœuvres de désobstruction sont à proscrire. En effet, elles peuvent mobiliser le corps étranger et se compliquer d’une obstruction complète. Il faut donc simplement asseoir le patient en position demi-assise, mettre en place une oxygénothérapie et le conduire dans un centre bénéficiant d’un plateau technique adapté (exploration fibroscopique).

A Attention : l’œdème de Quincke obstructif (cf. chapitre 19) fait partie des urgences thérapeutiques immédiates : injection immédiate d’adrénaline à 0,5 mg en IM.

B. Deuxième temps : administrer le plus tôt possible une oxygénothérapie adaptée

En urgence, une oxygénothérapie de 12 à 15 litres/min au masque à haute concentration est débutée (cf. chapitre 4).

C. Troisième temps : mettre en place une surveillance continue

Comme dans toute détresse vitale, un abord vasculaire est nécessaire pour administrer rapidement les traitements. Une surveillance continue des paramètres vitaux est également nécessaire pour tout patient en détresse respiratoire : scope, saturomètre et mesure de la pression artérielle automatisée.

A Prise en charge :
• Éliminer une obstruction des voies aériennes supérieures.
• Administration d’oxygène.
• Surveillance et réévaluation.
• Recherche du diagnostic étiologique.
B Intubation orotrachéale d’urgence (IOT)

Fig. 21.3. B Intubation orotrachéale d’urgence (IOT).

A. Représentation d’une sonde d’intubation insérée dans la trachée d’un patient (ici voie orotrachéale, la voie nasotrachéale est aussi possible). B. Laryngoscope permettant l’exposition de la glotte et l’insertion de la sonde d’intubation (ici replié). Sonde d’intubation raccordée à une seringue permettant de gonfler/dégonfler avec de l’air le ballonnet distal (ici gonflé) qui assure l’étanchéité (relative) dans la trachée. C. Radiographie de thorax avec une sonde d’intubation en place dans la trachée. Un liseré radio-opaque sur la sonde permet une meilleure visualisation.

A Quiz 1

L’étiologie difficile : le patient âgé et polypathologique en détresse respiratoire aiguë

Monsieur S., 74 ans, est adressé en urgence pour une détresse respiratoire aiguë.

Antécédents : HTA, tabagisme sevré, infarctus du myocarde responsable d’une insuffisance cardiaque gauche chronique avec une FEVG à 25–30 %, BPCO stade III de la classification de Gold.

Clinique, signes de gravité :

  • SpO2 88 % en air ambiant, FR 26 cycles/min, tirage sus-claviculaire, FC 110 bpm, PA 160/82 mmHg, conscience normale, température 37,2 °C ;
  • à l’inspection, pas d’obstacle sur les voies aériennes supérieures, œdèmes des membres inférieurs ;
  • à l’auscultation pulmonaire, quelques râles crépitants des bases et des râles sibilants épars.

Examens complémentaires en urgence :

Radiographie thoracique de face du patient
  • GDS (air ambiant) : pH = 7,45, PaO2 56 mmHg, PaCO2 45 mmHg, bicarbonate 31 mmol/L ;
  • radiographie de thorax.

Quel diagnostic est à privilégier : OAP cardiogénique ? exacerbation de BPCO ? les deux ?

III. Quels examens complémentaires demander en urgence ?

Les examens complémentaires permettent d’apprécier la gravité du tableau clinique (gazométrie artérielle) et d’avoir une orientation étiologique (radiographie thoracique et ECG).

A. Gaz du sang artériels

Ils permettent d’évaluer la gravité de l’insuffisance respiratoire aiguë en appréciant son retentissement sur l’hématose.

1. Chercher une hypoxémie et évaluer sa profondeur (sévérité)

PaO2 < 80 mmHg en air ambiant ou rapport PaO2/FiO2 < 300.

La PaO2 normale se situe entre 80 et 100 mmHg en air ambiant (si la PaCO2 est normale), ce qui correspond à un rapport PaO2/FiO2 > 380 (FiO2 = 21 % dans l’air ambiant).

La PaO2 brute n’a pas la même « valeur » chez un patient en air ambiant ou sous oxygénothérapie à 15 litres/min au masque à haute concentration (cf. chapitre 20) ! Par exemple, une PaO2 à 80 mmHg sera plutôt « banale » chez le premier et très inquiétante chez le second (hypoxémie sévère).

Notons que la profondeur de l’hypoxémie sur les gaz du sang ne change pas la prise en charge immédiate. En effet, le débit d’oxygène peut être adapté initialement selon la saturation en oxygène donnée par l’oxymètre de pouls (SpO2).

2. Évaluer la capnie et sa répercussion sur l’équilibre acidobasique

La PaCO2 normale se situe entre 38 et 42 mmHg.

La détresse respiratoire aiguë s’accompagne le plus souvent d’une hypocapnie du fait d’une hyperventilation alvéolaire associée à la polypnée compensatrice réflexe à l’hypoxémie (cf. chapitre 20).

La normocapnie est tout à fait anormale devant une détresse respiratoire : elle a la même valeur qu’une hypercapnie.

L’hypercapnie avec acidose respiratoire, secondaire à une hypoventilation alvéolaire aiguë, peut se voir dans deux types de situations :

  • une décompensation d’insuffisance respiratoire chronique ;
  • l’épuisement respiratoire.

Attention : un patient présentant une hypercapnie dans le cadre d’une détresse respiratoire doit être admis rapidement en unité de soins critiques et bénéficier d’un support ventilatoire. Attention de ne pas être rassuré par une normocapnie, qui peut être un signe d’épuisement respiratoire, chez un patient antérieurement hypocapnique.

B. Radiographie thoracique de face

A Elle permet d’orienter le diagnostic étiologique. En particulier, on cherchera :

  • des anomalies pleurales (épanchement liquidien ou gazeux) ;
  • des opacités parenchymateuses systématisées ou non, alvéolaires et/ou interstitielles ;
  • une atélectasie ;
  • des anomalies médiastinales (cardiomégalie).

C. ECG

L’ECG est systématique. Certaines étiologies d’insuffisance respiratoire aiguë peuvent être associées à des anomalies ECG (embolie pulmonaire, infarctus du myocarde compliqué d’œdème pulmonaire, par exemple).

D. Autres examens

Ils ne sont réalisés que dans un second temps, après mise en place du traitement symptomatique et réalisation de la radiographie de thorax, des gaz du sang artériels et de l’ECG.

Le reste du bilan, notamment biologique, sera guidé par les hypothèses étiologiques.

Quand réaliser un angioscanner thoracique à la recherche d’une embolie pulmonaire ?

Une dyspnée ou une hypoxémie sine materia (absence d’anomalie pulmonaire auscultatoire et absence d’anomalie du parenchyme pulmonaire à la radiographie thoracique) sans étiologie évidente doit faire chercher une embolie pulmonaire par la réalisation d’un angioscanner thoracique. Dans un contexte de détresse respiratoire, la présence de facteurs de risque (alitement prolongé, cancer évolutif, thrombophilie…) et/ou de signes cliniques ou paracliniques évocateurs d’embolie pulmonaire peut aussi conduire à la réalisation de cet examen (cf. chapitre 14). La simple observation d’un shunt à l’analyse des gaz du sang ne doit pas conduire à la réalisation d’un angioscanner thoracique, en particulier lorsque d’autres causes de shunt sont suspectées (pneumonie, œdème pulmonaire, atélectasie…).

Examens complémentaires :

  • Gaz du sang artériels.
  • Radiographie thoracique.
  • ECG.

A Quiz 2

Le piège diagnostique…

Madame P., 86 ans, présente une détresse respiratoire aiguë en service de gériatrie.

Antécédents : HTA, diabète de type 2, insuffisance cardiaque gauche chronique avec une FEVG à 40 %, insuffisance rénale chronique modérée, fibrillation atriale.

Elle est hospitalisée depuis 72 heures en gériatrie pour une asthénie et une aggravation de son insuffisance rénale. Elle est réhydratée depuis 72 heures par 2 litres de soluté salé isotonique (NaCl 0,9 %) quotidiens.

Cliniquement :

  • SpO2 80 % en air ambiant, FR 33 bpm, FC 130 cycles/min, PA 150/92 mmHg, pas d’obstacle sur les voies aériennes, turgescence jugulaire avec reflux hépato-jugulaire ;
  • à l’auscultation pulmonaire, il existe de nombreux râles sibilants, diffus mais prédominants dans les bases.

Examens complémentaires en urgence :

Radiographie thoracique de face du patient, avec sondes et dispositifs de monitorage
  • GDS (air ambiant) : pH = 7,53, PaO2 63 mmHg, PaCO2 31 mmHg, bicarbonate 25,5 mmol/L ;
  • radiographie de thorax.

La présence de râles sibilants confirme-t-elle le diagnostic de crise d’asthme ?

IV. Quel est le raisonnement étiologique ? (fig. 21.4)

A. Première étape : éliminer une obstruction des voies aériennes supérieures

Cf. supra.

B. Deuxième étape : chercher des anomalies à l’examen clinique et à la radiographie thoracique

Les anomalies sont bilatérales et plutôt symétriques

  • Anomalies inspiratoires à l’auscultation, à type de crépitants diffus : elles évoquent un œdème aigu pulmonaire (OAP). Il se traduit par des opacités alvéolo-interstitielles bilatérales à la radiographie thoracique.
  • Anomalies expiratoires à l’auscultation, à type de sibilants diffus : elles évoquent une crise d’asthme ou une exacerbation de BPCO.

Attention : un OAP cardiogénique peut aussi présenter des sibilants, en particulier chez le sujet âgé.

Les anomalies sont unilatérales ou très asymétriques
  • Un foyer auscultatoire de crépitants et une opacité alvéolaire à la radiographie font évoquer le diagnostic de pneumonie bactérienne – des signes infectieux orientent généralement le diagnostic : fièvre, toux, expectorations. Mais attention aux formes bilatérales !
  • Une abolition unilatérale du murmure vésiculaire oriente vers :
    • un épanchement pleural liquidien (pleurésie) : la percussion retrouve une matité, à l’inspection on objective une diminution de la mobilité de l’hémithorax concerné. À la radiographie de thorax, on retrouve une opacité, à limite supérieure concave (ligne de Damoiseau), parfois refoulant le médiastin quand elle est volumineuse ;
    • un pneumothorax : la percussion retrouve un tympanisme. À l’inspection, l’hémithorax concerné est distendu et sa mobilité est diminuée. À la radiographie de thorax, on a une hyperclarté avec ligne pleurale. Dans le cadre d’une détresse respiratoire aiguë, il sera volontiers complet avec un décollement de toute la plèvre et compressif avec un refoulement médiastinal ;
    • une atélectasie (trouble ventilatoire avec rétraction d’un ou plusieurs lobes pulmonaires liée à une obstruction bronchique) : opacité radiographique avec pincement des côtes et attraction médiastinale.

À noter : l’échographie pleuropulmonaire est un outil intéressant pour aider à caractériser les atteintes pleuro-parenchymateuses.

Il s’agit d’une détresse respiratoire aiguë sans obstacle et sans anomalies auscultatoires et radiologiques, dite dyspnée sine materia
A Insuffisance respiratoire aiguë : raisonnement étiologique simplifié

Fig. 21.4. A Insuffisance respiratoire aiguë : raisonnement étiologique simplifié.

Différentes étiologies peuvent être intriquées et rendre la réflexion plus complexe.

  • Une embolie pulmonaire.
  • Un état de choc.
  • Une détresse respiratoire d’origine neuromusculaire : la maladie neuromusculaire est en général connue ou fait peu de doute à l’examen. Attention : la présentation clinique peut être trompeuse et faussement rassurante. Du fait de la défaillance neuromusculaire, les patients ne présentent généralement pas de signes de détresse respiratoire aiguë.

Points
de vigilance

  • A La détresse respiratoire est une urgence vitale. Elle se diagnostique à l’inspection en quelques secondes.
  • La manœuvre de désobstruction des voies aériennes est le premier geste à réaliser en cas d’obstacle complet uniquement (c’est-à-dire en cas d’asphyxie).
  • L’administration d’oxygène à un débit adapté (pour un objectif de SpO2 > 94 %) est le traitement symptomatique initial.
  • Le monitorage continu du patient est nécessaire, même après stabilisation.
  • Le diagnostic étiologique fait partie intégrante de la prise en charge et doit être réalisé en parallèle de la prise en charge symptomatique.

Tic-tac…

Frise chronologique des objectifs de prise en charge selon le délai

Une situation clinique… Deux prises en charge

Madame Z., 79 ans, est hospitalisée depuis 1 semaine en service d’orthopédie suite à la mise en place d’une prothèse de hanche droite pour une fracture du col du fémur.

À 21 h, elle présente brutalement une dyspnée et une désaturation à 86 % en air ambiant. Mathieu, l’infirmier en charge de la patiente, s’empresse alors d’appeler Charles, l’interne de garde.

Où Charles ne fait pas ce qu’il faut…

Charles demande à Mathieu de mettre en place une oxygénothérapie aux lunettes à 5 litres/min. Il finit tranquillement son repas avant de se rendre 1 heure plus tard au chevet de la patiente. Il confirme alors l’existence de quelques difficultés respiratoires (polypnée à 22 cycles/min) mais la SpO2 est alors remontée à 94 % sous 5 litres/min d’oxygène, ce qu’il juge satisfaisant. L’auscultation pulmonaire ne révèle aucune anomalie. Charles est alors pleinement rassuré. Il prescrit tout de même, pour le lendemain matin, un bilan biologique (NFS, plaquettes, bilan de coagulation, ionogramme sanguin, créatininémie) et une radiographie du thorax. Après s’être levé le lendemain matin, Charles regarde la radiographie thoracique de la patiente, qui est strictement normale. Au moment de la relève, il évoque cet épisode de désaturation qui, pour lui, n’est pas grave. La patiente se dégradera dans la journée…

Charles n’a pas eu la bonne attitude. D’abord, il ne considère pas l’urgence vitale potentielle. Ensuite, il se satisfait d’une prise en charge exclusivement symptomatique. Il ne développe aucun raisonnement étiologique. Cette attitude va grever le pronostic de la patiente.

Où l’on peut faire confiance à Charles

Charles demande à Mathieu de mettre en place une oxygénothérapie au masque à haute concentration entre 10 et 15 litres/min pour obtenir une SpO2 > 94 %, en attendant qu’il arrive. Il se rend immédiatement au chevet de la patiente. La patiente est consciente. Il objective une polypnée à 30 cycles/min sans signe de lutte. À l’examen clinique, il ne retrouve pas d’autre signe de gravité, en particulier il n’y a pas d’état de choc (FC 105 bpm, PA 135/70 mmHg, pas de marbrure).

Charles demande alors à Mathieu de réaliser immédiatement une gazométrie artérielle. Le résultat des gaz du sang artériels sous masque à haute concentration à 15 litres/min est le suivant : pH = 7,52, PaO2 160 mmHg, PaCO2 28 mmHg, HCO–3 22 mmol/L, lactate 1,2 mmol/L. Il change alors l’oxygénothérapie pour des lunettes à oxygène avec un débit de 3 litres/min, pour obtenir une SpO2 > 94 %.

Charles a posé le diagnostic de détresse respiratoire aiguë et entame alors un raisonnement étiologique. À l’inspection, il ne suspecte pas d’obstacle sur les voies aériennes. L’auscultation pulmonaire de la patiente est normale. En revanche, il existe un œdème blanc ne prenant pas le godet de l’ensemble du membre inférieur droit. La radiographie thoracique, demandée en urgence au lit de la patiente, est normale. L’ECG s’inscrit en tachycardie sinusale sans autre anomalie.

Devant la dyspnée sine materia, le contexte postopératoire et l’œdème unilatéral du membre inférieur droit (suspicion de thrombose veineuse profonde), Charles suspecte une embolie pulmonaire. Il demande alors en urgence, auprès du service de radiologie de l’hôpital, la réalisation d’un angioscanner thoracique, qui confirme le diagnostic. Une anticoagulation est débutée. La patiente sort de l’hôpital sans autre complication quelques jours plus tard.

Réponses aux quiz

Quiz 1

Cette situation clinique est très fréquente en pratique courante : un patient âgé avec des antécédents cardiovasculaires et respiratoires présente une détresse respiratoire aiguë sans obstacle sur les voies aériennes et avec une auscultation pulmonaire et une radiographie difficiles d’interprétation (ronchi mal systématisés, opacités bilatérales difficiles à caractériser avec une radiographie de mauvaise qualité).

Le diagnostic étiologique est donc difficile : s’agit-il d’une décompensation purement cardiaque (OAP cardiogénique), purement respiratoire (exacerbation de BPCO, infection bronchopulmonaire), ou les deux ? Une infection respiratoire peut par exemple décompenser une BPCO sous-jacente mais aussi une cardiopathie ischémique. Il est donc fréquent chez ces patients que la détresse respiratoire aiguë soit d’origine multifactorielle. Il faut alors privilégier le traitement des facteurs les plus plausibles en étayant le diagnostic étiologique :

  • mode d’installation de la dyspnée (par exemple, plutôt brutal en cas d’OAP) ;
  • recherche de signes d’insuffisance cardiaque droite (œdèmes déclives mous, blanc, prenant le godet, turgescence jugulaire, reflux hépato-jugulaire) ;
  • recherche de signes infectieux : fièvre, toux, expectorations purulentes.

En revanche, il ne faut pas traiter par excès des facteurs peu plausibles (par exemple, ne pas instaurer d’antibiothérapie en cas d’absence de signe d’infection).

Il est souvent utile de s’aider d’examens complémentaires plus spécialisés, notamment pour rechercher une participation cardiaque : biomarqueurs (dosage du BNP ou du NT-proBNP), échocardiographie.

Quiz 2

Dans ce cas clinique, la patiente ne souffre certainement pas d’une crise d’asthme. En effet, on ne développe pas un asthme allergique à l’âge de 86 ans ! Il s’agit probablement d’un OAP cardiogénique. Les râles crépitants d’œdème pulmonaire sont alors remplacés par des râles sibilants liés à l’œdème interstitiel intéressant la paroi des bronchioles. Cette patiente a une cardiopathie à fraction d’éjection altérée ; elle a été réhydratée par soluté salé isotonique de façon intensive. Un arrêt des apports sodés (NaCl 0,9 %) et la prescription de diurétiques et de vasodilatateurs permettront une amélioration de l’état clinique de la patiente.

▶ Compléments en ligne

Des vidéos sont associées à ce chapitre, indiquées dans le texte par un picto «  ». Pour voir ces vidéos, connectez-vous sur http://www.em-consulte/e-complement/478167 et suivez les instructions.

Vidéo 21.1. Tachypnée

Vidéo 21.1. Tachypnée.

Vidéo 21.2. Tirage intercostal

Vidéo 21.2. Tirage intercostal.

Vidéo 21.3. Balancement thoraco-abdominal

Vidéo 21.3. Balancement thoraco-abdominal.

Vidéo 21.4. Dyspnée laryngée

Vidéo 21.4. Dyspnée laryngée.

Deux exemples de dyspnée laryngée. Le cornage (bruit inspiratoire) signe l’obstacle sur les voies aériennes. La mécanique respiratoire s’altère avec un allongement du temps inspiratoire, un tirage (sur les vidéos, remarquez l’utilisation des sternocléidomastoïdiens) et un creusement des creux sus-claviculaires en inspiration. La fréquence respiratoire est plutôt abaissée.

▶ e-learning CEMIR

La vidéo « Insuffisance respiratoire aiguë de l’adulte » est accessible par ce QR code :

▶ Entraînement

A QROC 1

Vous êtes appelé(e) en radiologie pour une dyspnée chez un homme de 60 ans qui vient de recevoir une administration d’un produit de contraste iodé pour un uroscanner. Il présente une détresse respiratoire avec un gonflement du visage, la peau est érythémateuse et vous entendez spontanément un bruit inspiratoire. La pression artérielle est normale.

Quelle est votre hypothèse diagnostique ?

A QRU 2

Un patient de 76 ans, BPCO connu, se présente aux urgences pour majoration de la dyspnée depuis 3 jours associée à de la fièvre et à des expectorations purulentes. L’infirmière d’accueil des urgences note les paramètres vitaux suivants : pression artérielle 160/95 mmHg, SpO2 en air 84 %, fréquence respiratoire 32/min.

Parmi les propositions suivantes, laquelle est exacte ?

A vous ne prescrivez pas d’oxygène, car l’oxygène est toxique chez le patient BPCO

B vous prescrivez toujours moins de 3 litres/min d’oxygène chez le BPCO

C vous débutez à 6 litres/min aux lunettes, puis vous adaptez le débit pour une cible de 88–92 % de saturation

D vous débutez toujours à 15 litres/min au masque haute concentration chez le patient BPCO

E le seul traitement à débuter en urgence est un aérosol de bronchodilatateur sans oxygène associé

A ZAP 3

Vous êtes appelé pour la brutale dégradation respiratoire d’un patient trachéotomisé depuis 3 jours. Vous demandez une radiographie du thorax au lit en urgence. Placez ces éléments sur les images : parenchyme sain, canule de trachéotomie, opacité.

Radiographie thoracique de face au lit d'un patient trachéotomisé, support d'une question de repérage

A QRPL 4

Un homme de 50 ans se présente aux urgences adressé par les premiers secours pour une détresse respiratoire aiguë. Il est tachypnéique à 30 cycles/min, sature à 85 % en air ambiant.

Parmi les éléments suivants, quelles sont les cinq premières actions à réaliser ?

A vérifier l’absence d’obstacle des voies aériennes supérieures

B débuter en urgence une oxygénothérapie à 15 litres/min au masque haute concentration

C demander un angioscanner des artères pulmonaires

D demander une radiographie thoracique

E réaliser un bilan microbiologique

F réaliser un ECG

G intuber le patient

H réaliser une échographie cardiaque

I réaliser un gaz du sang

J doser des D-dimères

B QRM 5

Un homme de 50 ans diabétique insulinorequérant consulte aux urgences pour une dyspnée. La fréquence respiratoire est à 30 cycles/min. Il est apyrétique et sature à 95 % en air ambiant. La radiographie thoracique est normale. Les gaz du sang artériels en air ambiant révèlent : pH = 7,16 ; PaCO2 20 mmHg ; PaO2 75 mmHg ; HCO3– 7 mmol/L ; lactate 1 mmol/L.

Quel(s) est (sont) le(s) élément(s) caractérisant ce résultat ? [une ou plusieurs réponses exactes.]

A acidose métabolique

B compensation respiratoire

C hypoxémie

D hypoventilation alvéolaire

E effet shunt

Les corrigés sont à retrouver page 942.